Découvrez le rougail saucisses lontan : la recette créole réunionnaise, simple et authentique et purement traditionnelle.
À La Réunion, le rougail saucisse est bien plus qu’un plat, c’est une religion ; pour certains, on n’y touche pas ! D’un côté, il y a ceux qui ne jurent que par le safran péi, l’ail ou le gingembre. De l’autre, ceux qui débattent sans fin pour savoir s’il s’agit d’un rougail ou d’un carry. Et puis, il y a les autres… ceux qui font monter la pression en même temps que la vapeur de la marmite. Mais au fond, où se cache la vérité ? Dans cette obsession de vouloir avoir raison, au grain d’épice près ? Ou plutôt dans ce tour de main lontan, transmis sans livre ni mesure, de bouche-à-oreille, juste avec le cœur ?
C’est là que le goût 974 prends tout son sens !
Rougail Saucisses Lontan : Recette Authentique réunionnaise
Plat : Plat principalCuisine : réunionnaiseDifficulté : Facile4
portions30
minutes40
minutes300
kcalRecette rougail saucisses traditionnelle simple et savoureuse : le vrai goût de La Réunion !
Ingrédients
8 saucisses fraîches
4 tomates bien mûres
3 gros oignons
4 cuillères à soupe d’huile
Piments (quantité au choix)
Instructions
- Ébouillanter les saucisses : Mettez les saucisses dans une marmite d’eau et faites-les bouillir une à deux fois pour retirer l’excès de sel. Puis rincez-les bien à l’eau claire et réservez.
- Frire : Versez l’huile dans la marmite. Lorsqu’elle est chaude, faites-y frire les saucisses entières. Dès qu’elles sont dorées, retirez-les et réservez-les dans une assiette.
- Le roussi : Dans la même marmite (et dans la même huile), ajoutez les oignons finement coupés et faites-les roussir à feu moyen. Remuez régulièrement pour éviter qu’ils n’attachent.
- La sauce : Incorporez les tomates coupées en morceaux et les piments écrasés. Couvrez et laisser cuire à feu moyen pour que les tomates rendent leur eau. Mélangez une ou deux fois. Si la sauce réduit trop vite alors que les tomates ne sont pas cuites, baissez le feu au minimum, remuez et couvrez.
- Le mélange final : Ajoutez enfin les saucisses (coupées en rondelles ou entières ou les deux selon vos préférences) et mélangez bien le tout. Laissez 2 minutes de cuisson, remélangez et c’est prêt à servir !
Les astuces :
- Le piquage : Certains préfèrent piquer les saucisses avant ou après (attention aux projections quand c’est chaud) donc à vous de voir aussi car certains ne le font pas.
- Système D : À défaut de tomates fraîches, des tomates pelés en boîte ou en bocal feront parfaitement l’affaire. On a tous connu ça en périodes de crises ou après un cyclone.
- L’un des secrets : Plus vous choisissez des saucisses de bonne qualité et des tomates bien mures, plus la recette sera un succès.
- Le piment : Ajustez selon votre tolérance, avec du piment oiseau ou gros piments.
- Le sel et l’huile : L’huile donne bon goût à vous de voir la quantité aimée, dosez selon vos habitudes. Le sel, les saucisses sont déjà très salé c’est pour cela qu’on fait bouillir aussi mais ça aussi cela dépends bien sur de votre palais.
L’assiette noire à fleurs : 35 ans d’histoire et un goût qui ne s’explique pas et comment on servait ce rougail lontan

Côté Malou : Pour servir ce rougail à notre époque et le présenter pour le blog, Malou a ressorti cette assiette très spécial pour vous expliquer le côté familiale de son histoire. Cette assiette noire assorti de fleurs est un cadeau gagné à la fête de Saint-Vincent de Paul à Saint-André, lors d’un jeu de chevaux en bois. À l’époque, elle voulait l’offrir à sa maman, qui lui avait répondu avec des étoiles pleines de malice dans les yeux : « Garde ça pou ou. Le jour où va marier, ou va utiliser ! » Finalement, cette vaisselle était tellement précieuse qu’elle a été utilisée qu’une seule fois, par peur de la casser. Aujourd’hui, 35 ans après, nous la ressortons pour vous partager notre façon de manger d’avant.
Un peu d’histoire et de vérité crue
Lontan : Quand la cuisine n’avait pas besoin de manuel
Avant, personne ne se posait toutes ces questions. On ne mangeait pas sur des tables bien dressées avec serviettes pliées en éventail. On mangeait l’assiette dans la main, assis sur un ti banc, une chaise bancale ou un vieux fauteuil usé. Ce n’était pas pour faire « authentique », c’était parce que la misère lété là. Et pourtant… c’était bon. Simplement bon.
Le sol en terre battue, le fumée du feu de bois, la grande cuillère plus grande que notre bouche… Le goût du rougail, il était là : dans la chaleur de l’assiette, dans le partage et dans la simplicité. C’est ce souvenir- là que la plupart des Réunionnais ont vécu.
Le rougail saucisse côté Malou : Le papa, les tontons et les frères tuaient le cochon dans la cour. Ils préparaient les saucisses eux-mêmes, ainsi que le boudin et bien d’autres parties du cochon. Le papa le préparait à sa façon, la maman chacun avait sa version et mettait ce qu’il y avait aussi la plupart du temps, donc toute version possible (ail, gingembre, thym, curcuma…). Et c’était bon. Les gens oublient souvent qu’à l’époque, la vie était dure et tout le monde ne pouvait pas suivre une tradition stricte.
Le rougail saucisse côté Chris : Pareil, ils mettaient ce qu’il y avait dans la cuisine : de l’ail, du gingembre, des fois que tomates, gingembre + pleins d’oignons verts. Et c’était un régal.
La saucisse a déjà son propre goût (faite la frire seulement et vous verrez que ça suffit des fois avec du riz blanc et un bon rougail tomates), donc chacun le fait à sa façon. Le mot « rougail » est apparu plus tard dans les livres, mais lontan, tout se transmettait oralement. Les débats n’étaient pas aussi intense qu’aujourd’hui, même si on entendait souvent : « Y met pas safran dans rougail! » C’était d’ailleurs la seule vraie distinction que l’on faisait pour ne pas confondre avec un carry.
Les variantes familiales (même si ça choque encore !)
Chaque famille a sa version :
- De l’ail
- Du gingembre
- Du thym
- Des saucisses fraîches ou fumées…
La variante « Safran » – Le débat classique
Pourquoi certaines familles réunionnaises mettent du curcuma (lontan on appelait ça « safran ») dans leur rougail ?
- Pour la couleur : « Pour qu’il soit moins blême », disait-on à l’époque.
- Pour la santé : Un argument de poids dans notre société actuelle !
- Par habitude : On l’a appris comme sa, c’est ancré dans les traditions de la case.
Comment servir votre rougail saucisses ?
- Lontan : Tous se servait directement à la marmite. On mangeait dans une assiette en verre, en tôle, sur une feuille de bananier (feuille figue) ou dans un bol en plastique à emporter. On mettait d’abord le riz puis le rougail par dessus (ou sur le côté pour certains). Pour la fiche recette, nous avons d’ailleurs utilisé une assiette blanche de 40 ans, servis pour la première fois pour ce plat si emblématique.
- Modernité : Aujourd’hui, on le sert dans une marmite à fond noir à cause du feu de bois, marmite de tous les jours lontan ou moderne, dans des bols ou dans des assiettes de toutes sortes bien dressées ou pas d’ailleurs ! On utilise aussi des feuilles de bananier ( fraîches, légèrement plastifié en papier jetable). On le déguste en sandwich, sur un bon zembrocal, en riz chauffé le lendemain, et accompagné parfois de grains, d’un rougail pimenté ou d’une salade.
Faîtes-vous plaisir en emportant vos barquettes ou vos marmites en pique-nique dans les Hauts ou les Bas sur l’île ! N’hésitez pas à nous envoyer vos plus belles photos pour nous régaler les yeux au passage.
Le débat sur le rougail saucisses ne finira jamais
🎬 Le débat immortel : À La Réunion, cette discussion fera toujours rage car chacun détient sa propre vérité. Aujourd’hui on vous propose notre recette de base, mais elle n’est pas figée car la vie évolue et le goût aussi. S’il y a des cyclones, ce sont les boîtes de tomates (au naturel, au basilic, en concentré ou en coulis) qui finiront dans la marmite ! Côté oignons, heureusement qu’il y a l’importation en cas de manque, cela arrive souvent hélas maintenant, même si cela change un peu le goût par rapport à notre bon vieil oignon rouge péï auquel notre palais est habitué.
Découvrez nos autres recettes pour varier les plaisirs : essayez notre recette de Zembrocal de pomme de terre pour l’accompagner ou notre Rougail saucisses aux brèdes.
Et vous, quelle est votre histoire avec ce plat ? Avez-vous une recette ou une astuce particulière pour le rougail saucisse ? Les « anciens » ont souvent leur savoir-faire, leurs versions, n’hésitez pas à partager pour qu’on puisse les tester.
La Vérité honnête sur le vrai rougail saucisse : c’est celui de votre famille. C’est bon, c’est votre version, et chez vous, vous faîtes à votre façon.




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